CLARA WIECK SCHUMANN
Vie, musique et passions dans le thème natal d’une grande pianiste

Par Maria Grazia La Rosa

Traduction Mireille Petit

 

«…lorsque tu es au piano, je ne te reconnais plus ; ta personnalité est au dessus de mon jugement. »


C’est ainsi qu’écrivait Robert Schumann le 17 mars 1838 dans une lettre adressée à Clara, qui est considérée l’une des plus grandes pianistes de l’époque romantique.

Clara Joséphine Wieck a vu le jour à Leipzig le 13 septembre 1819 à 23h30. C’est la seconde fille de Friedrich Wieck et de Marianne Tromlitz.  Son  père, diplômé en théologie, musicien presque autodidacte,  vendait des pianos et des livres de musique, il était également professeur de musique et de chant. Pourvu d’une grande intelligence et ambition, il tenait la famille dans une main de fer à la manière d’un despote. Sa mère provenait d’une famille de musiciens et avait été l’élève de Friedrich Wieck pour le chant et le piano. En 1816, elle épousera  son maître et après le mariage deviendra  sa fidèle collaboratrice dans l’enseignement.  
   
En 1817 naît la première fille, Adelheid, qui décède en 1818, puis en 1819 naît Clara, suivi de trois autres frères. Malheureusement, 70 jours après la naissance du dernier, Marianne Wieck abandonne son mari et part à Plauen pour entreprendre une séparation légale, emmenant avec elle le cadet et Clara. Les sorties nocturnes de Friedrich Wieck semblent avoir été le motif de leur séparation. Il laissait souvent un collègue instituteur , Adolph Bargiel, en compagnie de Marianne.

Wieck était disposé à perdre sa femme mais pas sa fille ;  il laissera son fils à Marianne mais sera  inflexible pour sa fille. La loi saxonne, en effet, lui octroyait  la garde des enfants,  seulement à l’âge de cinq ans. Dès lors, Clara doit retourner à Leipzig chez son père. Les époux Wieck divorcent en 1825 et peu de temps après,  Marianne épouse Adolph Bargiel et s’installe à Leipzig avec son nouveau mari. Wieck ne pouvait empêcher légalement à Clara de revoir sa mère mais il écrira une lettre formelle où il lui recommande , en la vouvoyant, de ne pas parler du passé à l’enfant, de limiter les gâteaux et de lui faire étudier le piano avec sévérité. Dans le cas contraire,  il menaçait par ces mots :  « ….ma colère sera implacable. »

En 1826, le couple Bargiel se transfère à Berlin et Clara reverra sa mère de manière occasionnelle. Son éducation est prise en charge totalement par son père, qui licencie également la domestique à laquelle Clara s’est affectionnée. Déjà à l’âge de quatre ans , Wieck avait commencé à lui enseigner à bouger les doigts sur le clavier et à jouer d’oreille et à cinq ans il commence à lui donner un véritable enseignement. Cependant, Clara présente une extrême difficulté à parler et à communiquer et pour cette raison, son père lui donne des cours avec deux autres fillettes. Elle devient une enfant normale et les progrès en musique sont très rapides, au point qu’à huit ans, elle jouera le concerto en mi bémol majeur de Mozart au cours d’une soirée privée avec un orchestre modeste.

En 1828 Wieck se remarie, il aura trois enfants et le mariage durera quarante cinq ans jusqu’à sa mort.
A neuf ans Clara se fait remarquer officiellement comme partenaire d’une élève de Wieck, Emilie Reichold, au cours d’une exécution des variations op. 94 de Friedrich Kalkbrenner. Durant l’automne 1829 et une grande partie de l’année 1830,  Clara étudie intensément et développe également un talent d’improvisation que l’on demande aux concertistes. A onze ans, son père décrète qu’elle est prête pour affronter une véritable carrière non plus comme partenaire dans un duo  à quatre mains mais en tant que soliste.  En novembre 1830,  elle débute à Leipzig et interprète tout un répertoire dans la salle prestigieuse du Gewandhaus. La recette est de trente thalers ;  Carla en donnera vingt à son père « pour son dérangement. »

Pour les fêtes de Noël,  Wieck emmène Clara a Dresde, où se trouve la Cour de Saxe,  elle joue devant la Cour et tient des concerts privés, mais après cette première sortie de Leipzig, son père lui fait reprendre les cours de théorie, il ajoute  l’instrumentation, la lecture à première vue, il lui fait suivre des cours de violon et étudier le « Guide à l’art de l’improvisation ». Outre  l’étude du français et de l’anglais, Wieck l’oblige à composer et ses quatre polonaises seront publiées alors qu’elle n’a que 11 ans. Quelques années plus tard suivront d’autres compositions.
La petite concertiste se présente  devant Goethe, Niccolo’ Paganini et Franz Listz. Elle joue dans de nombreuses villes,  à Vienne, et à l’âge de 18 ans est nommée virtuose de la chambre de l’Empereur .

La même année, Robert Schumann s’intalle chez Wieck qui l’accepte comme élève de piano  à demeure . Dans la maison de Wieck, Schumann considère que Clara est une délicieuse enfant de 11 ans qui joue merveilleusement bien, mais à laquelle il faut raconter des fables comme un frère aîné. Ils ont 9 ans d’écart et Robert la voit grandir, se familiarise avec elle. Quand elle a 15 ans,  il commence à éprouver une forte attraction.

Clara éprouve le même élan et leur amour restera caché jusqu’au dix-huitième anniversaire de Clara. A cette occasion Schumann écrit une lettre à Wieck dans laquelle il lui déclare son amour pour sa fille,  mais lorsqu’il se présente à la maison pour demander la main de Clara ,  Wieck s’y oppose catégoriquement.

Probablement Schumann avait pensé que Wieck accepterait sa demande, simplement parce que Clara jouait ses compositions. 
En réalité, le père qui est terriblement jaloux , a projeté pour sa fille un avenir de grande concertiste ; certainement pas celui de simple épouse d’un musicien inconnu et il fera l’impossible pour empêcher ce mariage. Il raconte que Schumann est alcoolique, indigne de confiance et incapable de prendre en charge une femme. Il n’hésite pas à le calomnier en obligeant Clara à faire de longues tournées pour l’éloigner de Schumann.
Durant l’automne 1837 et en 1838 Clara et Robert échangent de nombreuses lettres, grâce à la complicité de certains amis et en mai 39,  Schumann renouvèle  sa demande en mariage à Wieck, mais il ne reçoit aucune réponse.
A la fin, les deux amoureux décident de s’adresser au tribunal pour obtenir la permission de se marier sans le consentement de Wieck qui, cité en jugement, demande à Clara mille thalers pour lui céder le piano et ses effets personnels ; il oblige  Schumann à déposer huit mille thalers en faveur de Clara. En outre, il présentera  au tribunal un terrible réquisitoire contre Schumann et contre Clara.

Il affirme que Schumann est incapable de se prendre en charge, qu’il a dilapidé son héritage, qu’il boit et qu’il a échoué dans son travail de rédacteur dans la revue de critique musicale fondée par lui-même en 1834, « La nouvelle revue musicale de Leipzig ». Au sujet de Clara il affirme qu’elle n’a pas été éduquée pour s’occuper d’un foyer, que sa carrière sera ratée,  et contrairement à ce qu’elle imagine non seulement elle ne pourra pas le changer, mais en plus, Robert ne l’aime pas et veut l’exploiter. Par ailleurs,  Wieck écrira à des organisateurs de concerts, à des musiciens et critiques d’une bonne partie de l’Europe, en calomniant sa fille et en la décrivant comme une folle.
Pour se défendre Schumann produit des déclarations de la police ; il fait une liste de personnes qui peuvent témoigner en sa faveur,  un compte rendu de la situation financière de la revue, donne une copie de son diplôme universitaire ( un diplôme honoris causa  qu’il avait obtenu en dépensant une somme non spécifiée), il dit que parmi les habitués de la taverne où il se rend,  il y a également Wieck et il menace de le dénoncer pour diffamation.

Wieck ne peut apporter des preuves pour se défendre car deux témoins musiciens, dit-il, ne se présenteront pas pour témoigner contre le critique musical réputé et il perd son procès. L’année suivante, il est également condamné pour diffamation à dix-huit jours de prison qu’il ne fera pas . Il part ensuite à Dresde et le 12 septembre 1840 Clara et Robert se marient à Leipzig. Ils ont respectivement vingt et un et trente ans et sont tous les deux artistes.

Le lendemain des noces, alors que Clara fête ses vingt et un ans, Schumann lui propose de tenir un journal intime commun où tout ce qui concerne leur vie et leur mariage doit être inscrit.
L’idée d’un journal à quatre mains où tout doit être conservé selon certaines règles, montre bien que Schumann est un homme traditionnaliste, ayant de solides principes et ce journal  devient un moyen de contrôle car les pages doivent être lues tous les dimanches matin. Le couple recevra de nombreux musiciens et leur lien sera très étroit même d’un point de vue musical : en effet, ils composent  ensemble, mais leur vie commune est plutôt difficile car Schumann compose et Clara joue, et souvent,  elle ne touche pas le piano pour ne pas perturber le travail de son mari qui est plus important.

Malgré tout,  Clara continue son activité de concertiste et elle fait de nombreuses tournées, en compatibilité avec ses grossesses. Elle aura huit enfants, quatre filles et quatre garçons, qui naîtront entre 1841 et 1854 et deux avortements. Durant les tournées, les enfants seront gardés par la famille où provisoirement par des collègues.

En 1843 Schumann signe un contrat  comme professeur de piano et un « travail privé en composition » dans le nouveau conservatoire de Leipzig fondé par Mendelssohn. Il enseignera quelques mois, et sera ensuite substitué par Clara .
Entre temps,  Wieck s’était rapproché du couple et les relations s’étaient améliorées . En 1844,  Clara et Robert  entreprennent ensemble une tournée en Russie, mais Robert aura peu de satisfaction et  beaucoup de soucis,  même si Clara joue certaines de ses compositions. Schumann gagne une somme considérable (4797 thalers) et grâce à ce gain n’a plus aucune raison valable pour faire obstacle à la carrière de sa femme.

C’est justement à ce moment que le couple Schumann cesse de tenir ce journal commun où sont conservés trop de faits personnels, même désagréables, en contraste avec l’image conventionnelle d’une vie matrimoniale sereine.
En 1845 Schumann cède la propriété de la revue,  encaisse 5000 thalers et se transfère à Dresde. La carrière de Clara présente, en outre, de nombreuses difficultés car elle doit également  assister son mari qui est  très dépressif. Néanmoins, malgré la maladie de son mari et les grossesses régulières, Clara tient une série de concerts à Dresde.

Aux problèmes que Clara rencontre  pour continuer sa carrière de concertiste vient s’en ajouter un autre : le couple Schumann se propose en duo dans lequel Robert dirige
. Mais ils n’ont pas le succès escompté et alors Schumann décide de fonder une nouvelle revue, puis abandonne l’idée. Il tente en vain d’occuper le poste de directeur de théâtre de la Cour de Dresde, jusqu’au moment où en novembre 1849,  il reçoit une proposition comme directeur d’orchestre à Düsseldorf et en 1850 après beaucoup d’incertitude , il envoie une lettre dans laquelle  il accepte. Ils partent donc pour Düsseldorf et durant la saison 1850 – 51,  Schumann sera plutôt satisfait de son travail.
En juillet 1852 Schumann subit  une grave crise de « convulsions nerveuses » et après différents aléas, en 1854, il est pratiquement expulsé  de l’orchestre de Düsseldorf.
Cette année là,  Schumann a des hallucinations et une nuit, il sort de chez lui à demi déshabillé et se jette dans le Rhin. Il est repêché par des bateliers et reconduit chez lui, mais quelques jours plus tard,  il est admis à l’asile d’Endenich, à côté de Bonn où il décèdera le 29 juillet 1856.
En 1853, un jeune homme de vingt ans était arrivé à Düsseldorf ; c’est  Johannes Brahms.
Schumann sera subjugué par la génialité du jeune musicien et durant les premiers mois de son hospitalisation à Endenich, Brahms vivra par périodes à Düsseldorf chez lui et assistera Clara avec affection et dévotion.

Pour Clara l’internement de Robert représente un grave problème économique et une atteinte à son image personnelle et Brahms, comme elle a écrit dans son journal,  repris en 1844, « renforça le cœur qui voulait se briser », « allégea mon esprit », « réconforta mon esprit comme il put » et  « en peu de temps, fut un ami dans le sens plus complet du terme ».
Entre Clara et Brahms naitra certainement une grande amitié, et même un amour, mais personne n’a jamais certifié qu’ils aient eu une intimité physique.
Cependant, il semblerait certain que Clara ait témoigné  tout de suite la forte attraction qu’elle éprouvait pour Brahms et en l’occurrence,  celle-ci aurait pu être l’une des causes qui ont accéléré la déchéance mentale de Schumann, en plus de son échec professionnel.
Lorsque Schumann est interné, Clara doit  affronter une situation existentielle et économique très difficile. Il faut élever sept enfants, un huitième est en attente, elle doit payer le loyer de l’appartement, les domestiques et les frais mensuel de l’asile.

Durant sa grossesse,  elle travaillera beaucoup pour enrichir son répertoire et commence à faire des demandes pour organiser les tournées après l’accouchement. Parmi les personnes auxquelles elle s’adresse pour reprendre sa carrière de concertiste,  comptera Liszt qui l’aide beaucoup. Elle se rend à Weimar, où Liszt  lui organise deux concerts et puis en Hollande ainsi qu’en Angleterre.
Elle travaille beaucoup et quand Schumann disparaît, tous les comptes sont à jour. Clara voit Schumann les deux derniers jours de sa vie et les funérailles ont lieu le 31 juillet à Bonn. Elle écrit dans son journal : »….avec sa disparition, tout mon bonheur s’en est allé. Pour moi, une nouvelle vie commençait ».

Clara reprend très brillamment sa carrière de concertiste. Brahms lui donne des conseils utiles sur le plan musical et professionnel ; il est jeune et plein de dévouement.
Le père et le mari ont été pour Clara des éducateurs qui se considéraient supérieurs à elle puisque plus âgés et parce qu’elle était une femme. En revanche, Brahms ne se considère pas supérieur à elle, et il l’admire beaucoup et en est amoureux.

La période qui suit la mort de Schumann sera intense pour la carrière de Clara qui prend définitivement une position centrale dans la vie musicale de son temps et sa place dans l’histoire du concert, faisant partie des quatre meilleurs pianistes du monde. Par ailleurs, en 1878, elle devient professeur de la classe principale de piano au Conservatoire de Francfort.
Durant plus d’un demi- siècle, elle a été au sommet comme avait rêvé son père, puis à partir de 1890 elle laisse la place aux nouvelles générations. A la mort de Schumann, la fille aînée, Marie (1841-1929), n’a seulement que quinze ans et le plus petit , Félix à peine deux ans et entre les deux il y a cinq autres enfants.

Marie a été la fille bien aimée de Clara, celle qui l’accompagna dans toutes ses tournées et elle choisit le célibat pas pour s’occuper des frères et sœurs. Après la mort de Clara elle vécut à Interlaken et mourut à 86 ans.
La deuxième fille, Elise (1845-1928), qui avait un caractère indépendant, s’en alla de la maison à vingt ans,  se maria avec un homme d’affaire  en 1877,  et vécut  avec lui pendant six ans aux Etats- Unis, puis elle revint en Allemagne avec trois enfants, et comme elle était bonne pianiste, joua en public en 1865 avec Clara qui fut très satisfaite du résultat. Elle et son mari furent très proches de Clara et elle mourut tardivement à 85ans.

La troisième fille Julie (1845-1872) eut par contre un destin tragique. Elle était très jolie, vive mais d’une santé délicate. Quand le père fut hospitalisé à Endenich, on l’envoya à Berlin chez sa grand-mère, puis hébergée et élevée par différents  amis de la famille, probablement parce que Clara suspectait une tuberculose et voulait donc l’éloigner des autres enfants.
Brahms fut touché par sa beauté, par son caractère et sa douceur et il en fut très fasciné au point d’en tomber amoureux, mais il ne se déclara pas et sept ans après Julie épousa un  noble piémontais, veuf,  père de deux enfants et son aîné de quatorze ans. Elle alla vivre à Turin, lui donna deux enfants et mourut à 27 ans à Paris atteinte de tuberculose.
Emil vécut un an de 1846 à 1847.

Ludwig (1848-1899), alla au collège à huit ans et à partir de ce moment vécu presque toujours loin de sa mère. Il entreprit une carrière de libraire à vingt ans fut atteint d’un mal incurable, une maladie de la colonne vertébrale. Après une réunion familiale, on décida de l’interné à l’asile. Clara lui rendit visite en 1875 et 1876 et en 1899 il mourut dans la maison de santé.
Ferdinand (1849-1891), devint employé de banque à Berlin. Souffrant de fièvre rhumatismales, il fut soigné avec de la morphine et devint toxicomane. Il se maria contre la volonté de sa mère et mit au monde sept enfants. Désormais morphinomane irrécupérable, il ne pouvait s’occuper de sa famille et Clara prit en charge l’éducation des petits enfants. Il mourut à 42 ans.
Eugenie (1851- 1938) vécut d’abord avec une amie de la famille, puis avec les sœurs et vit rarement sa mère. Elle étudia la musique à Berlin et  pendant vingt ans seconda sa mère dans les tournées avec Marie. Par la suite elle s’établit en Angleterre et enseigna le piano ; elle mourut à 87 ans.

Felix (1854- 1879) le dernier né, était très doué comme musicien et comme écrivain, il voulait devenir violoniste mais ayant une santé délicate, étudia le droit à Heidelberg. Il écrivit beaucoup de poèmes et mourut  de tuberculose pulmonaire à 24 ans.
La dernière période de la vie et de la carrière de Clara a été marquée par la mort de trois fils,  par le chagrin pour le quatrième interné  et par la disparition de différents personnages qui avaient beaucoup comptés dans sa vie.

Sa mère décéda en 1872 et en 1873 Friedrich Wieck  mourut dans le sommeil  à l’âge de 88 ans. Dans son journal intime Clara le remémore ainsi : «  j’ai beaucoup souffert pour sa disparition et même si nous n’étions pas toujours en accord, cela n’a pas diminué mon affection pour lui, un amour qui durant mon existence, a toujours augmenté avec ma gratitude…. Un homme d’une grande élévation s’en est allé….Durant mon enfance, il a été tout pour moi, et à présent la mort a mis fin à tout ».
Il lui laissa, entre autres,  une véritable fortune (60 000 thalers) qui était une somme considérable pour l’époque.

En 1883, Wagner disparut, suivi de Liszt en 1886 puis de Rubinstein et d’autres encore. Elle resta seule. En 1891 elle tint son dernier concert à Francfort sur le Main. Elle continua à enseigner encore un peu et en mars 1896 elle subit une légère crise d’apoplexie puis une seconde le 10 mai qui fut fatale. Elle décéda le 20 mai 1896 et fut enterrée à Bonn aux côtés de Robert Schumann.


THEME NATAL DE CLARA

 

Le Soleil est en Vierge, l’Ascendant et la Lune en Cancer.  Les éléments sont en grande partie en signe d’Eau (Lune, Mars, Saturne conjoint à Pluton, Ascendant et MC) et en signes de Terre (Soleil, Mercure et vénus), le Feu est représenté par deux planètes (Uranus et Neptune) et l’élément Air est en carence, représenté par une seule planète (Jupiter en Verseau).

La prédominance de l’Eau indique une forte sensibilité et l’importance des sentiments. En effet, les émotions sont la force de Clara qui a besoin de ressentir intérieurement les autres. Mais cette richesse des sentiments peut prédisposer la personne à une vie de sacrifice,  à se dédier totalement à un idéal. Clara a effectivement démontré une grande sensibilité,  a affronté une somme d’épreuves et s’est dédiée totalement à son amour pour Schumann.

Mais dans le thème de Clara, la Terre est également importante par rapport aux deux autres éléments. Clara est concrète, efficace et elle ressent le besoin de canaliser son énergie dans un travail spécifique où elle peut mettre à l’épreuve ses capacités. C’est en effet,  une travailleuse acharnée, et elle donne beaucoup d’importance  aux questions matérielles, à son besoin de sécurité et à ses capacités. Par rapport au rythme ternaire, 7 planètes sont en signes mutables (Soleil, Mercure, Vénus, Saturne, Uranus, Neptune, et Pluton). Clara est vive et son esprit est souple, elle aime les changements, et elle est curieuse,  ouverte aux nouvelles expériences.
Le dessin planétaire est le Sablier (1) et les planètes « guide » sont Mars et Uranus. Les caractéristiques du Sablier, sont l’adaptation et la fluidité. En effet, Clara a su s’adapter aux adversités de la vie, en acceptant même des compromis.

Mais le dessin est particulier car il renferme également un carré en T dans lequel Neptune est l’Apex. Avec cette configuration, l’on est prédisposé aux illusions, et l’on peut être  hypersensible et se sentir investi d’une mission en se dédiant complètement à quelque chose pour démontrer un esprit de sacrifice, comme a fait Clara en se dévouant à Robert et à son travail avec toute son âme.
Par ailleurs, Neptune lui a donné la possibilité de canaliser son énergie dans la musique, en faisant d’elle la femme-pianiste plus célèbre de son époque.
Le Soleil en Vierge est en maison IV, opposé à  Saturne conjoint à Pluton en Poissons et au carré d’Uranus et Neptune en Sagittaire. L’image du père , comme nous l’avons vu, a été prédominante, mais lui a également créée beaucoup d’insécurité et un manque de confiance en elle-même durant son enfance, en dépit de son succès musical. En effet, Clara a parlé très tard, canalisant toute son énergie dans la musique comme barrière protectrice.


Le Soleil est également au sextile de la Lune en maison I en Cancer. Clara est une personne tranquille et elle a une facilité relationnelle. Elle sait garder un comportement équilibré entre le passé et le moment présent, sachant utiliser avec profit les expériences qui constituent les leçons pour arriver au succès.
La Lune, trigone à Saturne conjoint à Pluton en Poissons est également Point de Thales (2)  car  l’opposition entre le Soleil et la conjonction Saturne/ Pluton se décharge sur celle-ci et la rend plutôt dissonante. C’est une Lune maternelle, fidèle, créative mais également très prédisposée au sacrifice. Clara a une grande facilité de rapport avec les autres et probablement s’est occupée de Schumann comme d’un fils, considéré sa fragilité psychique.

Mercure en Vierge en maison III est au sextile de Mars en maison XII et quinconce à Jupiter en Verseau en maison VIII. Clara a un esprit aiguisé et une curiosité insatiable qui la porte à rechercher la pleine connaissance de toute chose. Elle veut être toujours informée et n’arrête jamais d’étudier, mais se sent également frustrée dans l’expression de ses capacités créatives. Durant son mariage avec Schumann, elle a sacrifié l’étude du piano pour permettre à son mari de composer. Et en effet , elle écrit dans son journal : » Quand Robert compose , je dois laisser le piano de côté. Je n’arrive pas à trouver une petite heure pour moi dans la journée. J’espère seulement de ne pas trop régresser. »
Mercure est également rétrograde et Clara a un désir intense de connaissances intériorisé, et  qu’elle tend à manifester par des expressions symboliques. En effet, Mercure rétrograde est fréquent dans le thème des musiciens.


Mars est en Cancer en maison XII. Clara refoule son agressivité et tend à la complaisance dans ses relations. Ses énergies sont canalisées vers son monde intérieur. Cependant, Saturne est également conjoint à Pluton en maison X. Clara est ambitieuse, constante et elle sait qu’elle doit surmonter beaucoup d’épreuves pour obtenir ce qu’elle désire.
La Lune Noire est en Lion en maison II. Clara a très peur de la misère et le regret de ne pas avoir de grandes possibilités financières, malgré son talent. Le Nœud Nord est en Bélier en maison X. Cette position du Nœud donne la possibilité de pouvoir compter sur ses propres forces et d’être conscient de sa propre richesse  intérieure.
Le destin de Clara était d’arriver seule et de se détacher du mariage pour se réaliser personnellement et professionnellement.

 

(1) Dessins planétaires du Cours d’Astrologie  (tome 1) de Bernard Crozier
(2) Point de Thales : c’est Grazia Bordoni , astrologue italienne, qui a introduit ce terme pour désigner une planète dans le thème qui reçoit le trigone et le sextile de deux autres planètes en opposition et s’en trouve de ce fait affaiblie. Mais l’effet « Thalès » est observé à trois conditions :

  1. Les orbes des aspects sont toujours très serrés
  2. Le point de Thalès ne doit pas faire partie d’un dessin planétaire plus complexe ou dans le cas de dessins fermés.
  3. L’effet « Thalès » est d’autant plus évident que la nature des planètes est dissemblable.

 

NOUVELLE LUNE PRENATALE

La Nouvelle Lune qui précède la naissance, d’un point de vue astrologique et psychologique, peut être considérée comme « le véritable choix de l’âme », c’est-à-dire quelque chose qui commence à un moment où nous ne sommes pas encore nés et qui peut refléter un parcours de vie « choisi ». Le fait que durant cette lunaison précise, qui précède de quelques jours la naissance, le Soleil de trouve dans un signe et une maison précise, fait penser à une orientation existentielle très précise, même si celle-ci n’est pas toujours confirmée par le thème natal.
Dans le cas de Clara, la Nouvelle Lune est en Lion en maison V, c’est-à-dire dans le signe qui précède le signe solaire.

La créativité de Clara est mise en évidence  et le trigone de la Nouvelle Lune avec Neptune renforce le sens artistique qu’elle extériorise de façon solaire,  lumineuse.
La Nouvelle Lune en maison V,  nous donne des renseignements sur ses parents qui semblent au moment de la naissance très amoureux et remplis d’espoir.
L’observation des Nœuds lunaires peut nous révéler quel devra être le secteur existentiel à cultiver pour faciliter le chemin du Nœud Nord de naissance.

L’axe des Nœuds ici,  se trouve entre la maison VI et la XII, alors que dans le thème natal il se situe entre la maison IV et la X. Pour faciliter sa réalisation personnelle et professionnelle, Clara doit évoluer spirituellement à travers la compréhension et la pacification de ses émotions les plus profondes.

Fin de la 1ère partie  de l’article : Clara Wieck Schumann,  publié dans la revue «Linguaggio Astrale » n°151/ 2008


Maria Grazia LA ROSA 

Cancer, Ascendant Capricorne et Lune en Taureau, Maria Grazia La Rosa est diplômée de Lettres modernes. Ella a dirigé le service d’une administration publique pendant de nombreuses années et depuis 1996 elle a pris sa retraite.

Maria Grazia est astrologue certifiée du C.I.D.A de Bologne,  conseillère et trésorière du C.I.D.A. Elle est également conseillère du groupe local de Rome où elle a collaboré à l’organisation des colloques, du mois d’octobre 2002 à novembre 2008. Elle fait partie du Comité de rédaction de la revue Linguaggio Astrale. Elle a enseigné l’astrologie dans plusieurs associations culturelles et a tenu de nombreuses conférences sur différents personnages historiques féminins qui ont été publiées dans la revue Linguaggio Astrale. Elle a été membre de la commission du concours « Nuove voci  e nuovi talenti in campo astrologico » en 2005. Elle a participé au Colloque International organisé par le groupe local de Perugia en mars 2009.

Remonter en haut de la page


Mireille Petit © - Tous droits réservés - 2009